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Des fouilles pour remonter 10 000 ans d’histoire de la plaine du Vis­tre à Rodilhan
En février 2009, nous vous rela­tions la découverte par un pro­meneur d’un percuteur préhistorique. Notre curiosité, piquée au vif, nous a amené au Service Régional de l’Ar­chéologie du Gard pour consulter le compte rendu des prospections effectuées en 2000 et 2003 lors de la construction de la déviation de la RD 135 qui contourne Rodilhan par le Nord Ouest dans la plaine de la Vistrenque. Voici donc très brièvement résu­mées les informations renfermées dans les 80 pages consultées.
Au Mésolithique (-10000 à – 5000 ans av. JC) : un atelier de débitage du silex
Des hommes sont venus sur le lieu dit « Moulin de l’Hôpital » à Rodil­han. Trouvant certainement le site intéressant pour la proximité de l’eau (Buffalon) et du gisement naturel de silex jaune des Costières, ils ont ins­tallé des habitats qui protégeaient entre autres des ateliers de débitage de silex. En témoignent les nucléus, les nombreux restes de taille, les grattoirs, perçoirs et les foyers re­trouvés pendant les fouilles préven­tives. Les hommes de cette époque seraient revenus plusieurs fois à cet endroit entre -8500 et -8000 ans av. JC…. Peut-être le percuteur trouvé sur les Costières a-t-il été utilisé par les mêmes tailleurs ?
www_le_rodilhanais-fevrier-2011_img_212Au Néolithique et âge du cuivre (-6000 à -1800 ans av. JC) : un vaste habitat
Les hommes occupaient toujours ce lieu ainsi que les terres du Mas de Peyre. Tessons de céramique mo­delée, bord de vase à panse renflée décoré de rainures et canelures, bracelet calcaire, lamelle d’obsi­dienne, poinçon dans l’axe d’une lamelle ont été trouvés sur ces sites et prouvent une  occupation sur l’en­semble du néolithique soit environ 4000 ans. Une dent de bovidés, des perles de coquillage et un bracelet de calcaire poli ont aussi été récupé­rés. Une zone d’habitat, ceinturée par un enclos fossoyé elliptique de 250m² environ et ouvert à l’extrémité sud, a été découverte. Elle aurait été détruite à l’époque romaine.
L’occupation au chalcholithique (âge du cuivre) est démontrée par la pré­sence d’un tesson décoré d’une pastille caractéristique de cette épo­que.
A l’âge du fer (-1100 à -52 av. JC) : une occupation agraire
Tessons d’amphore massalète et céramique grise monochrome at­testent d’une occupation agraire de l’espace. Cette activité est aussi montrée par la mise à jour d’un ré­seau de fossés (0,4 à 1,4m de large) dont certains ont été utilisés jusqu’au XVIIe siècle.
A l’époque gallo-romaine (-52 av. JC à +486 ap. JC) : un chemin vicinal
Une voie antique datant du haut em­pire (-27 à +200 ap. JC) et utilisée jusqu’au début du moyen âge a été partiellement dégagée pendant les fouilles. La découverte de cérami­que à pâte claire, de panse d’am­phore gauloise, africaine et italique, d’un fond de gobelet à céramique luisante, d’un fragment de meule en basalte et de céramique commune à cuisson réductrice attestent de sa durée d’utilisation. Cette voie empierrée, bordée de fos­sés partiellement canalisés, orientée SE-NO permettait de se diriger vers la rivière. Elle était de forme conve­xe, d’une largeur de 2,5 à 4,1m et a été repérée sur une distance de 126m. Deux ornières parallèles de 9cm de large et distantes de 1,1m dans l’empierrement de la chaussée montre une utilisation importante de cette voie. Un exutoire maçonné au mortier de chaux de couleur jaune a été déblayé en bordure.
Cette voie serait un chemin vicinal provenant d’un village ou une voie privée. La découverte d’une stèle funéraire non loin de là pourrait in­diquer la présence d’une nécropole dont cette voie serait le chemin.
www_le_rodilhanais-fevrier-2011_img_213Enfin un petit chemin empierré, dé­gagé pendant les fouilles, daté aussi du haut empire et orienté est-ouest rejoignait la voie antique au sud.
Situé un peu plus au sud, un éta­blissement rural d’une superficie de 1,8 ha environ a été décelé par la présence de blocs calcaires, de tessons d’amphore, de dolium et de céramiques domestiques qui indi­quent une occupation du bas empire (+200 à +486 ap.JC) au haut moyen âge. Le petit chemin cité plus haut a pu desservir les bâtiments de cet établissement.
Sources : «Deviation RD 135. Habitats préhistoriques et voie antique à Rodilhan et Bouillargues (Gard), 2000». Frédéric Raynaud avec la col­laboration de Gilles Escallion et Frédéric Ba­zille. Service Régional de l’Archéologie. «Le moulin de l’Hôpital à Rodilhan (Gard). Occupations sauvetériennes et du Néolithi­que ancien. Fouille archéologique sur le tracé de la déviation de la RD135. 2003». Cathe­rine Georjon, Anne Hasler, Benoit Poisblaud. Service Régional de l’Archéologie.

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